Ce que les fenêtres ignorent


Je ne ferme plus les fenêtres.
Les voisins ont commencé à respirer plus fort.

J’ai retrouvé une dent dans ma poche.
Ce n’était pas la mienne.

Dehors, les arbres continuent de pousser sans autorisation.
On appelle ça la vie quand on manque de vocabulaire.

J’ai laissé le téléphone sonner jusqu’à ce qu’il comprenne.
Il n’a pas compris.

Dehors, quelqu’un riait.
J’ai fermé les rideaux.
Il y a des bruits qui entrent sans ouvrir les portes.

Je ne sors plus.
Le dehors a fini par prendre mon nom.

J’ai trouvé des traces de pas dans le couloir.
Les fenêtres savent pourtant quand je mens.

Je vis seul.
Quelqu’un semblait là.

Moi, pas vraiment.