Elle file.
Toujours.
Comme si quelqu’un avait appuyé trop fort sur l’accélérateur du monde.
Les jours s’empilent sans jamais se regarder,
des rendez-vous, des horloges,
des respirations coupées en tranches fines.
On avance à crédit, à découvert de soi.
Tout va vite, même le silence n’a plus le temps de s’asseoir.
On pense vivre, mais on remplit juste des cases,
on coche des heures comme on coche des morts lentes.
Et au bout de la course
il n’y a pas de ligne d’arrivée,
juste ce goût sec, presque métallique :
avoir couru partout
sans jamais être nulle part.