Chaque ville est un seuil, un rite que personne n’avoue.
Un passage clandestin entre le visible et le reste.
On croit éviter les fantômes.
Mais ce sont eux qui nous frôlent, dans la lumière trop blanche, dans ce flou où le présent se fissure.
Les êtres chers ne disparaissent pas.
Ils prennent de l’avance.
Ils marchent parmi nous sans corps, front contre front avec nos silences.
Ils ne nous quittent pas.
Ils nous précèdent.
Et la ville est leur couloir.
Nous, nous marchons derrière, comme des survivants, qui ignorent qu’ils sont déjà attendus.
On ne perd personne, on change de rive.
Chaque rue est une artère ouverte.
Ça circule.
Ça appelle.
Les disparus ne s’effacent pas.
Ils ne demandent pas la paix.
Ils avancent dans une lumière que nos yeux refusent.
Ils demandent passage.
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