Il marche avec la gravité des hommes qui ne lèvent plus les yeux.
Tête inclinée, nuque offerte ;
condamné volontaire.
La ville hurle.
Les arches et les façades bavent, le réel perd ses contours.
Tout se dissout.
Le pavé grince sous ses semelles, vieille échine minérale.
Mais lui n’entend plus que la rumeur électrique
qui lui suce l’attention,
goutte à goutte.
On l’a dressé à baisser les yeux,
à confondre le monde
avec son reflet.
On dirait qu’il fuit.
Ou qu’il cherche.
L’exil moderne tient dans sa poche.
Le monde s’efface à force de pixels,
et lui
s’efface
à force d’y croire.