L’autre rive


On part souvent pour découvrir des villes et des paysages nouveaux. Puis, au fil des kilomètres, on comprend que les voyages parlent moins du monde que de nous-mêmes.

On croit parfois partir pour oublier. Une peine, une fatigue, quelques visages. Pourtant, ce que l’on cherche à laisser derrière nous voyage souvent en silence, assis juste à côté.

Alors on marche, on regarde, on se perd un peu.

Et sans même s’en apercevoir, quelque chose change. Les blessures deviennent des cicatrices, les certitudes s’effacent, les regrets apprennent à se taire.

On ne revient jamais à l’identique d’un voyage.

Parce qu’au fond, ce ne sont pas les pays qui nous transforment.

Ce sont les morceaux de nous-mêmes que nous y abandonnons,
et ceux que nous rapportons sans le savoir.