À Cannobio, les jours s’étiraient sans qu’on sache les compter.
On marchait jusqu’au port, les bras chargés de rien, simplement le plaisir d’être là.
Les façades, aux couleurs tendres, semblaient nous observer grandir.
Il y avait des promesses murmurées au bord des pontons, des amitiés écrites sur les murs tièdes, des baisers volés à la lumière du soir.
Les rires montaient du quai, clairs comme le vent sur l’eau.
On s’achetait des glaces, on parlait trop fort, on croyait que l’été durerait toujours.
Le port brillait comme une promesse.
On ne savait pas encore que le bonheur pouvait tenir dans un après-midi.
Puis le temps a passé, comme une barque qui dérive sans bruit.
Le lac, lui, savait que tout finirait par s’apaiser.
Pourtant, certains lieux, eux, gardent l’odeur exacte d’un premier été.