Le temps déraille


Elle tient, sans jamais faire face.

La rue la frôle,
elle s’y appuie à peine —
le temps de laisser passer
ce qui poussait trop fort.

Avant, elle allait droit.
Maintenant, elle incline.
Pas pour choir,
pour se perdre sans trace.

Les pavés marmonnent,
sous ses roues le sol biaise.
Le temps déraille,
bat de travers.

Elle avance,
chargée d’élan,
le regard plein d’absences.

Ce n’est pas elle qui s’échappe :
c’est le jour
qui fuit son pas.