Le vent de sud-ouest levait juste ce qu’il faut de clapot pour faire vibrer les drisses contre les mâts, un rythme sec, presque régulier, comme un signal de mise en route.
Dans le port, les goélands guettaient, posés sur les pendilles ou en équilibre sur les taquets, attendant qu’un équipage largue enfin les amarres.
Les voiliers restaient sages, maintenus dans l’axe par la légère bise, leurs voiles ferlées prêtes à être hissées au premier appel du large.
Elle n’avait pas besoin de sortir du port aujourd’hui. Il lui suffisait de sentir la brise, d’écouter les haubans chanter, pour retrouver ce lien ancien entre son corps, la coque, et la ligne d’eau qui l’a
toujours guidée.